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Nouvelle République du 16 Avril 2016
Article publié le mardi 26 avril 2016.


Brigitte, Élise, Anne-Sophie et Audrey vous disent bonjour, en langue des signes  !

Dans les locaux de Calm à Blois (Communiquer avec les mains) s’est achevé hier un stage d’une semaine pour faire ses premiers pas en langue des signes.

Injustice supplémentaire, les sourds ont longtemps été regardés comme de parfaits demeurés. Jusqu’à ce que l’abbé de l’Épée, au milieu du XVIIIe siècle, commence à se familiariser avec ce qui, plus tard, sera le creuset d’une langue des signes. On découvrira combien certains sourds sont doués d’une magnifique éloquence. Comme la comédienne Emmanuelle Laborit...

« Organisatrice du stage, Calm poursuit deux buts » explique la présidente Brigitte Boudeaud. « Diffuser les bases communes de la langue des signes, et aider les personnes sourdes ou malentendantes (et leurs familles) dès le berceau. » Nous avons croisé hier trois stagiaires très satisfaites de leurs 30 heures de cours. « C’est quelque chose qui m’intéresse depuis longtemps » rapporte Audrey. « Étant travailleuse sociale, j’estime que cet apprentissage fait partie de ma formation. La première chose à comprendre, c’est l’attention totale qu’on doit porter à l’autre afin que rien ne nous échappe de ses diverses expressions. » Anne-Sophie poursuit  : « Je suis audioprothésiste, et cette langue que j’avais déjà découverte en formation à Fougères, près de Rennes, devra me permettre d’apporter le meilleur service à toute personne, handicapée ou non. » Pour Élise, le déclic est passé par une amie  : « J’ai été fascinée par la langue des signes, dont je souhaite pénétrer le mystère. » Pour les trois, tout part d’un souci humaniste, d’une ouverture particulière à l’autre. Au bout d’une semaine, elles n’en sont pas encore à traduire les pages savantes d’Umberto Eco, mais les bases sont là. Les premiers mots  : bonjour, merci, au revoir... Puis l’approche des expressions utiles de tous les jours, dans un commerce, les transports... « Cette langue n’est pas comme la nôtre constituée d’un sujet, d’un verbe, d’un complément. Les expressions du visage et les gestes se superposent. » Elles ont d’ailleurs vite été mises dans le bain, puisque Rémi, leur professeur, est totalement sourd. Et ils se sont très bien entendus.


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