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Accompagner la surdité : de nouvelles ambitions

(GIF) Article paru dans la Nouvelle République
Article publié le lundi 19 mai 2014.


Bénévoles entendantes très engagées et formatrice sourde en langue des signes travaillent de concert pour faire avancer la cause des sourds en Loir-et-Cher.

L’association Communiquer avec les mains travaille depuis 10 ans à l’inclusion sociale des sourds. Elle réfléchit à une professionnalisation de sa démarche.

Quand on parle d’accessibilité, tout le monde a un fauteuil roulant et un plan incliné en tête. Mais quel fonctionnaire, au guichet de la gare SNCF, maîtrise les quelques expressions nécessaires en langue des signes pour délivrer un billet à un voyageur sourd  ? Pour avoir croisé récemment un groupe de jeunes sourds bien en peine de se faire comprendre à la gare de Blois, Sophie Jubault a cet exemple en tête. Mais, comme les autres membres de l’association Communiquer avec les mains (Calm), la vice-présidente pourrait aligner des dizaines d’exemples de ce genre, qui font parfois de la vie quotidienne des sourds un enfer.

Relancée il y a tout juste 10 ans avec l’arrivée à la présidence de Brigitte Boudeaud, Calm n’a justement pas d’autre objectif que de contribuer à une meilleure inclusion sociale des personnes sourdes, malentendantes, ou devenant sourdes, à travers les deux missions qu’elle s’est donné  : proposer des cours d’initiation à la langue des signes (lire par ailleurs), accompagner les sourds dans leur vie quotidienne. « On peut dire qu’il y a de vrais besoins, souligne la présidente, nous avons réalisé plus d’une centaine d’interventions dans l’année écoulée. » Appeler un dentiste pour une urgence, accompagner des parents sourds pour un entretien avec l’instituteur de leur enfant, mais aussi intervenir au centre des impôts, à la Sécurité sociale, dans une agence immobilière, à Pôle emploi... « Et je ne vous parle pas des commerces, renchérit Danièle Ory, formatrice en LSF et sourde profonde, où le simple fait de demander à un vendeur des explications par écrit déclenche un vent de panique  ! » Même si Calm investit dans la formation de ses bénévoles, l’association estime que l’ampleur de la tâche mériterait la création d’une structure plus professionnelle, assurant la pérennité de cet accompagnement. Par exemple dans le cadre d’un Service d’interprétation et d’accompagnement à la vie sociale (SIAVS), tel qu’il en existe en Bretagne ou dans les Pays de la Loire, « un dispositif qui fonctionne très bien ». La demande a été déposée auprès du conseil général de Loir-et-Cher. Calm espère qu’elle aboutira et permettra, tout en conservant une action bénévole, de mieux faire avancer la cause des sourds. Elle continuera pour cela de faire des pieds... et des mains.

repères

> Cours d’initiation à la langue des signes (LSF). Il faut environ 4 ans pour maîtriser les bases de la LSF qu’enseigne Danièle Ory, sourde profonde, « et il faut pratiquer régulièrement pour ne pas oublier » précise-t-elle. Comme n’importe quelle langue étrangère. Notez que les inscriptions pour l’an prochain seront prises le 6 septembre. > Bureaux d’aide. A Blois au siège de l’association deux lundis par mois de 14 h à 18 h, à l’hôpital de Blois le premier jeudi de chaque mois de 9 h à 12 h, les bénévoles de Calm accueillent les sourds et malentendants qui souhaitent un accompagnement (démarches administratives, prises de rendez-vous, etc.) > Action culturelle. Séances de cinéma ou animations, découverte du patrimoine culturel en Loir-et-Cher, l’association essaie de mettre en place des activités accessibles (sous-titrage, mise à disposition d’une assistante de communication en LSF), en fonction des demandes.

Calm, 28, rue des Écoles à Blois, email calm.blois@aliceadsl.fr ; site Internet  : www.calm-lsf.org



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